Pâques géorgienne

Pâques est la fête la plus importante du christianisme.

Elle célèbre la Résurrection de Jésus-Christ.

En Géorgie, Pâques a une signification spirituelle particulière, avec des rites uniques et des chants émouvants.

Avant Pâques, les Géorgiens vivent la Semaine de la Passion, consacrée à la souffrance, la crucifixion, la mort et la mise au tombeau du Christ.

Vendredi rouge (Vendredi saint)

Le Vendredi rouge est le jour le plus solennel et silencieux de la Semaine de la Passion.

  • On commémore la crucifixion et la mort du Christ
  • Les cloches ne sonnent pas et aucune liturgie n’est célébrée
  • Les fidèles observent un jeûne strict

Cette journée est entièrement dédiée au silence, à la tristesse et à la prière.

Le rite de la Descente de la Croix

Le Vendredi saint, dans l’après-midi, les églises célèbrent la Descente de la Croix.

  • Le corps du Christ est symboliquement descendu de la croix
  • Une représentation du tombeau est placée au centre de l’église
  • Chœur d’hommes : un chant polyphonique accompagne le rite

Lamentation et chant liturgique

Pendant la Descente de la Croix :

  • Le chant évoque la douleur de la Vierge Marie
  • Toute l’assemblée partage le deuil
  • Une lamentation féminine suit, accompagnée du chœur

Ces chants sont intérieurs et méditatifs, créant une expérience spirituelle unique.

Poème liturgique de David Gouramichvili

Ce poème du XVIIIᵉ siècle exprime la vision géorgienne de la Passion : patience, endurance et dignité face à l’injustice.

Le refrain, « Gloire à Ta patience, Seigneur Jésus », transforme la douleur en élévation spirituelle.

C’est un message de résistance morale, compassion et espérance.

La nuit de Pâques

La nuit de Pâques, les fidèles se saluent :

« Le Christ est ressuscité ! » — « Il est vraiment ressuscité ! »

Le pain, le vin et les œufs sont bénis, symbolisant la vie nouvelle et la résurrection.

Peinture de Niko Pirosmani, Agneau de Pâques avec œufs rouges et gâteau traditionnel Paska. Art naïf géorgien.
Il est intéressant de noter que Pirosmani peignait souvent sur de la toile cirée noire (utilisée dans les tavernes), ce qui donne ce contraste si particulier à ses œuvres.